LES VASES COMMUNICANTS

Joyeuse confusion des genres dans le métro /un PHOTOREPORTAGE INUSITÉ

par Patrice-Hans Perrier


La Société de transport de Montréal (STM) semble vouloir prendre le train de la publicité à grande vitesse en 2010. Un journaliste du quotidien La Presse, François Cardinal, lançait un cri d’alarme sur son BLOG du 15 novembre dernier. En effet, il appert que la STM,  «qui souhaite accroître ses revenus commerciaux à court terme, pourrait rebaptiser des lignes du métro du nom de généreux commanditaires», précise le bloggeur.

Reporter actif sur le front de l’actualité municipale, François Cardinal souligne que la STM a, depuis quelques années, « ajouté des écrans de télévision [et] tapissé d’énormes pubs dans les stations les plus achalandées ». En fait, pour quiconque prend la peine d’y jeter un coup d’œil attentif, les stations de métro ressemblent à s’y méprendre à des décors de clips publicitaires.

Mis à part les traditionnelles affiches lumineuses, la STM a parsemé plusieurs stations de métro d’une batterie d’écrans plasma diffusant – non stop – bulletins d’information et annonces publicitaires. Des guichets automatiques ont été travestis en colonnes Morris, affichant le logo lumineux d’une banque bien de chez nous.

Ailleurs, comme à la station BERRI-UQAM,  la même banque tapisse des pans de murs entiers avec le slogan « STATION CARRIÈRE BANQUE LAURENTIENNE ». Sous les décors du théâtre publicitaire se profile un habile subterfuge. On semble nous préparer, d’entrée de jeu, au nouveau baptême des stations de métro. Quiconque prend la peine de s’arrêter, un tant soit peu, pour observer ce nouveau foisonnement de signes réalise l’ampleur du phénomène.

Nous en avons profité pour aller photographier, sur le vif, les stations de métro du centre-ville. Chaque prise de vue sera accompagnée de quelques commentaires sur l’état des lieux, tissant la trame d’une analyse en bonne et due forme. Non pas réquisitoire contre le monde publicitaire – et ses accointances – ce portrait en quelques tableaux tente plutôt de cerner la question. Pour le bénéfice des citoyens pour qui l’espace public ne doit pas devenir une zone hybride envahie par les logotypes en tous genres.

 

Copyright Patrice-Hans Perrier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, la STM nous avise que la station BERRI-UQAM « change de peau ». Une simple balade sur la ligne verte – entre les stations Atwater et BERRI-UQAM – nous a fait prendre conscience que c’est le réseau de métro au grand complet qui «change de peau». En effet, la publicité s’infiltre par tous les pores d’un espace public qui devient justement …. poreux !


Copyright Patrice-Hans Perrier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La publicité irrigue l’espace de la station Mc Gill, dans un contexte où les enseignes lumineuses et les écrans plasma sont utilisés comme des éléments plastiques majeurs. Le fond et la forme se confondent.


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À l’instar des bannières exhibées sur la façade de certains bâtiments néoclassiques d’antan, la publicité s’incruste à même les structures architecturales à la station Atwater. L’effet est frappant.

Vue rapprochée d’une immense bannière à la station Atwater. L’image publicitaire est colossale, mais elle s’incruste par un judicieux traitement sur les couleurs en relation avec l’environnement chromatique des revêtements muraux environnants. Le fond commence à se dissoudre sous l’action de la forme envahissante.

 

Copyright Patrice-Hans Perrier

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux approches graphiques et visuelles semblent se confronter à la station Sherbrooke. L’immense murale, œuvre d’art public par excellence, ne possède pas la même force d’attraction que les affiches publicitaires lumineuses. Le monde de la publicité est, ici, traité comme un tableau, une œuvre d’art qui fait compétition à des œuvres monumentales faisant partie de l’architecture intrinsèque du métro.


Copyright Patrice-Hans Perrier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, tout contre un escalator à la station BERRI-UQAM, la confusion sémantique est totale. La publicité est traitée sur le mode d’une enseigne posée à même un mur aveugle. Il ne s’agit pas de la devanture de la boutique en question, mais bien de la peau du bâtiment publique. Véritable caméléon, cette enseigne indique à QUI  appartient, peut-être, cette station de métro. Message confondant s’il en est.

 

 

 

LIEN: http://www.ledevoir.com/politique/montreal/311617/les-lignes-de-metro-offertes-en-commandites

 

 


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Une réflexion sur “LES VASES COMMUNICANTS

  1. Bon photo reportage sur un sujet important.

    Ainsi, l’idée qui émerge est que le milieu urbain ne doit pas subir l’affiche mais celle-ci doit participer à la mise en valeur des espaces publics sous la gestion de la ville et de ses sociétés. Que penser du parc des îles, des marchés publiques et autres centres sportifs?

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