Une vitrine sur le monde du design

Par Patrice-Hans Perrier


Le Centre de design de l’Université du Québec à Montréal fêtera son 30e anniversaire de fondation le 1er juin 2011. Les amateurs de design et d’architecture sont donc conviés à cette grande fête du design qui promet d’être pétillante.

Dans l’entrefaite, nous avons rencontré Georges Labrecque, chargé de projets d’expositions au Centre de design de l’UQAM, histoire d’obtenir quelques précisions sur les jalons d’une institution qui se démarque par la qualité de ses expositions.



PHOTO GRACIEUSETÉ CENTRE DE DESIGN DE L’UQAM


 

Un centre de diffusion de haut niveau

Ce centre de diffusion de haut niveau met en scène des expositions dévolues au design sous toutes ses coutures. D’ailleurs, un défilé de mode s’y tiendra mercredi le 20 avril prochain afin de mettre en vedette les créations des finissants en design de mode de l’École supérieure de mode de Montréal / UQAM. Il s’agit d’une première pour le Centre de design de l’UQAM et notre interlocuteur tient à préciser que la création dans le domaine du vêtement est une autre facette importante du design.

 

Le design et la mode

Faisant une distinction entre le design de vêtement et la mode, Georges Labrecque précise que cette dernière (la mode) est un phénomène passager associé à des tendances créées de toutes pièces par le marketing. Et, ce phénomène de mode qui fait en sorte que les produits mis sur le marché aient une date de péremption conditionne la production d’une gamme étendue de produits façonnés par le design.

 

Le marché et l’obsolescence

C’est le marché, en bout de ligne, qui dictera la nature éphémère des phénomènes de mode, toujours selon notre interlocuteur. Une mécanique qui dicterait aussi la mise en forme de la grande majorité de nos produits de consommation, des artefacts qui sont destinés à être remplacés le plus rapidement possible pour que le cycle de production/consommation puisse se perpétuer.

Le designer serait donc un concepteur qui participerait au phénomène d’obsolescence causé par la mécanique du marché de la consommation postmoderne.  Georges Labrecque précise que «le designer participe à l’amplification de nos modes de consommation à outrance».

 

Le développement durable change la donne

Toutefois, au-delà des effets de mode et des diktats du marketing, le monde du design se positionne de plus en plus en faveur du développement durable. Une tendance qui fera en sorte, s’il faut en croire M. Labrecque, que les designers prennent conscience de leur responsabilité au niveau des environnements artificiels créés de main d’homme.

Cette nouvelle prise de conscience concerne, il fallait s’y attendre, la qualité de la conception et de la fabrication des artefacts mis en marché ou conçus pour des institutions publiques. Mais, comment ce niveau de conscience des créateurs pourra-t-il infléchir la donne au niveau de l’appareil de production, serait-on tentés d’ajouter ?

Le phénomène d’obsolescence touche aussi l’architecture et le mobilier urbain, toujours selon notre interlocuteur qui précise qu’«en 2011 l’architecture conçoit bon nombre de bâtiments médiocres puisque nos modes de production sont beaucoup plus rapides que ceux qui avait cours au début du XXe siècle».

 

Le design: une nouvelle clef d’interprétation

C’est dans ce contexte que «le métier de designer représente une clef pour responsabiliser les décideurs et faire en sorte que les nouveaux environnements soient d’une facture intéressante et durables», précise-t-il.

Les temps changent et certains manufacturiers développent de nouvelles approches en termes de stratégies de production et de distribution (just-in-time, etc.) afin d’outrepasser les délais et de resserrer les critères de qualité. Mais, il s’agirait, ici, d’une tendance qui est encore marginale dans un contexte où beaucoup d’entreprises se contentent de faire produire à l’étranger une part croissante de leurs composantes.

Outre l’amélioration des processus de conception et de production, il y a aussi des approches telles que l’écodesign ou la conception intégrée qui viendront changer la culture du design. Mais, l’appareil de production, les circuits financiers et les pouvoirs publics changeront-ils leur fusil d’épaule dans un contexte où l’économie et l’environnement ne peuvent plus supporter la surenchère de notre société de consommation ?

 

Faire la promotion de nouvelles avenues

D’ici à ce que le marché se transforme réellement, il est capital d’informer le grand public et de faire la promotion de pratiques de design plus responsables et innovantes. C’est un peu le rôle du Centre de design, un espace de diffusion qui serait unique au Canada s’il faut en croire M. Labrecque.

Hormis les expositions dédiées aux travaux des finissants en Design de l’environnement ou en Design graphique, cet espace de diffusion s’est distingué en présentant des expositions internationales de haut niveau depuis sa fondation en 1981.

On pense, entre autres, à Paris / Design en mutation, une exposition sur le design parisien – commanditée par EDF – qui avait été inaugurée à Montréal, pour ensuite poursuivre sa route jusqu’à Paris. On y démontrait l’apport du design pour la création de produits interactifs.

Des expositions – souvent liées à l’affiche – provenant des quatre coins du monde y ont vu le jour pour le plus grand bonheur d’un public d’initiés, mais aussi formé de profanes, qui est estimé à environ 15 000 visiteurs par année. Outre la France, le Brésil, l’Italie ou la Chine ont été à l’honneur lors d’expositions qui se démarquaient par leur innovation et leur fraîcheur.

On pourrait rappeler la célèbre exposition H2O, initiée par l’École polytechnique de Milan, qui comportait une pléiade d’affiches réalisées par des architectes et des designers concernés par la problématique de l’accès à l’eau potable dans le monde.

Le Centre de design s’est aussi occupé de faire la promotion du design industriel québécois, par exemple.  L’exposition intitulée High Performance / Sport, design et innovation au Canada aura démontré la capacité des designers canadiens et québécois à innover dans le domaine des sports de haute performance. Un événement qui vient tout juste de se terminer.

Georges Labrecque souhaite que le centre poursuive et consolide sa collaboration avec le réseau de diffusion internationale reconnue avec lequel il fait affaire.

Et, bien au-delà de l’aspect éphémère des expositions et événements qui s’y tiennent, il ne faudrait pas oublier que le Centre de design de l’UQAM est en train de se constituer un solide fond d’archives. Ce fond comprend, entre autres, une importante collection d’affiches et d’autres collections léguées par des professeurs, un véritable trésor de guerre pour lequel il faudra bien consentir des investissements substantiels un jour.

Georges Labrecque aime à rappeler qu’«en 25 ans d’activités nous amassé quelques éléments qui valent la peine d’être mis en valeur. Nos principales activités étant éphémères, on peut dire que l’aspect archivistique en représente un peu la contrepartie. Nous nous tournons, donc, vers le développement d’une mémoire du design», finit-il par conclure.

En espérant que les fonds publics et les donateurs seront, eux aussi, au rendez-vous de cette mise en mémoire de certains éléments des expositions qui ont transité au Centre de design de l’UQAM.

 

Défilé collectif des finissantEs en design de mode de l’École supérieure de mode de Montréal :

sur invitation seulement.
rsvp.defileuqam@gmail.com

le 20 avril 2011, à 18h30
au Centre de design

1440 sanguinet, montréal (coin ste-catherine)
métro berri-uqam

 

HEURES D’OUVERTURE

Mercredi au dimanche, de midi à 18h

RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
Téléphone: 514 987-3395

 

Site Internet: http://www.centrededesign.com


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