Mirage urbain prise 2

Les gurus du marketing ambitionnent de capitaliser sur l’image de marque des métropoles et des villes de moindre importance. L’enjeu est crucial à une époque où les cités se livrent une lutte sans merci afin d’attirer les investisseurs et de se positionner dans la nouvelle économie du savoir.
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BANDE ANNONCE de l’OPUS Playtime du cinéaste iconoclaste Jacques Tati, réalisé en 1967. L’incomparable visionnaire met en scène un quartier artificiel qui s’inspire de La Défense à Paris.

 

 

La ville de l’après-guerre est devenue un véritable happening béhavioriste où les consommateurs programmés ont remplacés les citoyens.

Jacques Tati avait vu, un demi-siècle à l’avance, ce qui se trame aujourd’hui derrière l’idée de subdiviser la ville en zones thématiques dédiées à des fonctions touristiques et administratives.

 

Une image de marque comme les autres

Certains observateurs français, à l’instar de Boris Maynadier, un chercheur dans le domaine de la gestion et du marketing, constatent que la sphère marchande a moussé la notion de marque à un tel point que les villes n’ont pas d’autre choix que de faire face à la musique.

S’il semble être hors de question de privatiser la ville, tous s’entendent sur le fait qu’il faille se doter d’outils de gestion de l’identité de la ville. C’est dans ce contexte que la marque agirait comme «une mise en relation de la ville avec ses publics, au premier rang desquels figurent ses habitants».

La notion d’une «expérience urbaine» semble émerger d’elle-même de ce corpus analytique, à tel point que les villes seraient dans l’obligation de gagner une valeur ajoutée si elles veulent émerger. Si la ville n’est pas une marque, elle serait appelée à le devenir par la force des choses, nous préviennent-ils.

Certaines multinationales américaines ont poussé très loin la notion de mise en marché de la ville, au point de créer des villes virtuelles sur Internet. C’est ainsi que PepsiCo, en France, vient de mettre en ligne une ville virtuelle dénommée Pepsi-Town.

Au-delà de l’association de cette cité virtuelle avec une image de marque commerciale, la dérive marketing s’attaque aux comportements civiques. Les internautes sont donc invités à se créer un personnage (avatar) qui aura droit de cité dans cet «enfer moderne», utilisant, comble de l’aberration, les espaces commerciaux et résidentiels mis à sa disposition par PepsiCo ! Chemin faisant, les grandes multinationales conditionnent l’imaginaire collectif face à leur mainmise anticipée sur la cité réelle.

 

UN DOSSIER HORS-NORME RÉALISÉ PAR PATRICE-HANS PERRIER SERA BIENTÔT MIS EN LIGNE SUR CE BLOG !

 

 

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