Le Plan de développement de Montréal changera-t-il la donne ?

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L’Office de consultation publique de Montréal lance une importante série de consultations publiques portant sur le Plan de développement de Montréal, un nouvel outil qui ambitionne de mettre sur les rails un développement raisonné de notre métropole. 
 

 

Nous reprenons, ici, la présentation liminaire mise en ligne sur le site de l’OCPM:

«Comme le prévoit l’article 91 de la Charte de la Ville de Montréal, la Ville est tenue d’élaborer un plan relatif au développement de son territoire qui prévoit notamment les objectifs poursuivis en matière d’environnement, de transport et de développement communautaire, culturel, économique et social. Le projet de Plan de développement de Montréal (PDM) produit par la Ville propose un énoncé de vision stratégique de développement. Il s’appuie sur les éléments clés des Plans et Politiques de la Ville de Montréal adoptés ces dernières années».
 

Par Patrice-Hans Perrier

 

Montréal cherche encore une vocation à son devenir urbain, son erre d’aller, alors que la classe politique semble en pleine déconfiture. L’ancienne ville de Montréal adoptait  en 1992 – sous l’administration du Maire Jean Doré – un premier Plan d’urbanisme qui ambitionnait d’esquisser des balises pour son futur développement urbain. Les instigateurs de ce premier schéma insistaient sur l’importance de faire de Montréal «une ville moderne à l’échelle humaine». On y identifiait des objectifs incontournables en termes économiques, démographiques, sociaux et culturels. Et, qui plus est, ce document fondateur stipulait que «la planification du développement du territoire montréalais» se doit de traduire de façon concrète et réalisable les enjeux en lice.

 

Les tribulations d’un Plan d’urbanisme «virtuel»

Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis et – hormis quelques projets de réaménagement des anciens faubourgs ouvriers de la ceinture sud – Montréal n’a toujours pas retrouvé cette «erre d’aller» qui lui permettrait de renaître à elle-même. Les batailles de juridictions administratives et politiques ont certainement retardé la mise en oeuvre du Plan d’urbanisme de Montréal et ce n’est qu’en 2004 qu’une seconde version plus précise est adoptée dans le sillage du fameux Sommet de Montréal de juin 2002. Toutefois, suite à la «dé-fusion» des municipalités qui devaient étoffer la carte d’une nouvelle métropole, il devenait particulièrement difficile de mettre en branle certaines mesures s’imposant par la force des choses. Il n’y a qu’à se souvenir de l’éclatement d’un important conduit d’eau potable, à la limite de la nouvelle municipalité de Westmount et de l’avenue Atwater, une avanie qui avait provoqué un important débat autour des responsabilités techniques et financières des deux municipalités concernées.

Les querelles concernant la réfection et la mise à niveau des artères de communication routière, la répartition des contributions financières destinées à soutenir les infrastructures culturelles ou la rénovation du réseau d’eau potable ont beaucoup contribué à saboter la mise en application du Plan d’urbanisme. Il semblerait que la précédente administration du Maire Tremblay ait été obligée de gérer la mise à niveau des anciens secteurs de la métropole en ayant recours au mode des Projets Particuliers d’Urbanisme, un approche permettant de traiter les grands projets de développement urbain de manière sectorielle et en allant jusqu’à utiliser le concept des «Grands projets du Maire» dans certains cas de projets immobiliers d’envergure.

 

De la concertation comme pratique de mitigation

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a été créé, en septembre 2002, dans le sillage du Sommet de Montréal, avec pour objectif de permettre aux citoyens, à la société civile ou aux organismes concernés de se faire entendre ou de présenter leurs mémoires lors de tournées de concertation publique destinées à mousser l’acceptabilité des grands projets de développement urbain (ou immobiliers) dans une optique de transparence et de dialogue. Cette approche était sensée prévenir l’utilisation abusive du recours à la tenue de registres référendaires. Toutefois, certains promoteurs ont contourné cette approche en instituant leurs propres tournées de consultation publique, en mandatant des firmes de consultants externes, ce qui a généré des levées de bouclier au sein de l’opinion publique.  On se souviendra de l’approche cavalière mise de l’avant par les promoteurs du Projet immobilier «Village Griffintown», dans un contexte où les principaux intéressés ont d’abord tenté de mener leurs propres tournées de consultation publique, soulevant l’ire des organismes et des regroupements de citoyens soucieux d’un développement cohérent, inclusif et respectueux de la trame urbaine du secteur en question. Une portion important du quartier Griffintown commandera, finalement, un PPU suite à la tenue d’un processus de consultation publique mené par l’OCPM. Le Programme particulier d’urbanisme de Griffintown a été finalement adopté en 2012.

 

Changement de paradigme

Montréal devenu ingouvernable à cause de ses querelles intestines de juridiction, souffrant d’un modèle de financement désuet et incapable de faire face aux conséquences d’un étalement urbain inéluctable, il devenait impérieux de replacer son éventuelle renaissance dans un contexte plus large. En effet, la région métropolitaine de Montréal – outre le fait de contenir la moitié de la population québécoise – sera de plus en plus considérée comme le «terreau naturel» de Montréal, dans un contexte où les chevauchements de juridiction se multiplient en raison de l’imbrication des grands axes routiers, de l’urgence d’adopter des politiques communes de protection de l’environnement ou de la nécessité de concevoir un développement économique plus coopératif et inclusif. C’est dans cette optique qu’un Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) a été adopté en Décembre 2011 par la Communauté métropolitaine de Montréal. S’inspirant des recommandations issues des divers services d’urbanisme de la région métropolitaine et tablant sur une vision heuristique, prenant en compte l’imbrication des problématiques de développement en lice, le PMAD cible trois grands défis à relever d’ici 2025. On y projette de mettre en place des aménagements qui permettront d’accueillir une éventuelle croissance de ménages et d’emplois, d’optimiser les réseaux de transport déjà existants et de protéger et mettre en valeur son patrimoine naturel et bâti.

 

Aller de l’avant

L’issue des prochaines élections municipales se rapprochant, un grand nombre des acteurs impliqués dans la poursuite des objectifs du Premier plan d’urbanisme de Montréal souhaite que l’on puisse enfin arrimer cet outil à la réalité des grands chantiers qui s’imposent. L’administration municipale actuelle – que d’aucuns seraient tentés de qualifier de gouvernement de transition ou de composition – vient d’accoucher d’un nouveau plan. Il s’agit du Plan de développement de Montréal, un outil qui, s’il faut en croire ses instigateurs, permettrait de faire le point sur la vision stratégique de Montréal et d’élaborer, du même coup, un projet de ville. L’OCPM vient de recevoir le mandat d’organiser une série d’activités dans le but de bonifier ce plan en mettant sur pied des événements de consultation publique qui se déroulent présentement. Nous étions présents à la séance de présentation du Plan de développement de Montréal, un tour d’horizon qui s’est déroulé le 3 juin dernier et qui a donné lieu à une première séance de questions permettant aux participants d’y faire part de leurs préoccupations face aux grands enjeux soulevés par l’exercice. Des séances de présentation et de discussion se dérouleront les 4, 5, 6 et 12 Juin prochains. Vous pourrez suivre toutes les séances qui seront webdiffusées sur le site de l’OCPM. Nous reviendrons d’ici la fin de la semaine prochaine avec un tour d’horizon de cet exercice de consultation publique. D’ici là, vous pouvez vous rendre assister aux séances du 6 et 12 Juin prochains.

 

 

LIEN: http://ocpm.qc.ca/webdiffusion

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