Vive la France libre !

 

Aujourd’hui, 14 juillet 2014, c’est la fête nationale d’une France qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a déjà été à l’époque du général de Gaulle. En effet, l’Hexagone ayant rejoint le commandement militaire intégré de l’OTAN sous la férule du Président Sarkozy, au printemps 2009, ne dispose plus de projection géostratégique au moment de mettre ce billet en ligne. Et, pourtant, la France n’a toujours pas rendu l’âme…

 

Par Patrice-Hans Perrier

 

Famous gargoyles of Notre Dame overlooking Paris (compos)La France, prisonnière de ses démons…
PHOTO Courtoisie Encyclopédie Larousse en ligne
 

Meurtrie par des décennies d’incuries politiques, la France demeure, malgré tout, la cinquième puissance économique mondiale. Talonnant l’Allemagne, nos cousins français font preuve d’une capacité de créativité, d’invention et d’innovation qui aura permis aux produits et aux idées du pays de Molière de rayonner aux quatre coins du monde. Ils ont même créé le nouveau moteur de recherche Qwant, un outil qui ambitionne de rivaliser avec Google. La France innove au chapitre de la recherche scientifique, des Arts et des Lettres, de la création industrielle ou du développement urbain, toutes régions confondues.

Là où le bât blesse c’est sans doute au chapitre du pouvoir d’achat et de la qualité de vie de ses habitants, puisqu’en 2012 la France se classait au 35e rang pour le PIB par habitant en terme de PPA (Parité de pouvoir d’achat). Et, il y a fort à parier que les nuages se sont accumulés dans le ciel français depuis l’élection du président François Hollande, en mai 2012. Poursuivant l’œuvre de son prédécesseur, Hollande se contente de faire du surplace depuis le début de son arrivée à l’Élysée.

 

Une Ve République qui risque d’imploser

Gérant la crise à la petite semaine, l’infortuné président ne dispose pratiquement plus de marge de manœuvre depuis que la France est soumise aux diktats de la « règle d’or », un traité européen qui astreint les pays membres à une austérité budgétaire qui menace jusqu’à la souveraineté des états en matière de gestion des services publics. Pavoisant, en dépit d’un taux d’insatisfaction historique, l’équipe socialiste fait dans le politico-mondain, à défaut de proposer des mesures susceptibles de stopper une hémorragie qui menace de faire imploser la Ve République. Certaines mauvaises langues parlent de … Ripoublique !

La démocratie n’est plus qu’un feu d’artifice rhétorique au pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Le citoyen ayant été remplacé par le consommateur, c’est, désormais, la loi du marché qui dicte ses impératifs. Les politiques, pour leur part, ne font que gérer des mesures d’atténuation qui consistent à huiler l’engrenage de la mondialisation. Pour preuve : une majorité de français ont rejeté, par voie de référendum, le projet de traité constitutionnel européen (TCE) en 2005. Qu’à cela ne tienne, la classe politique a superbement ignoré la volonté populaire et s’est rangée derrière le plan de match des autorités de Bruxelles.

L’adoption du traité de Lisbonne, en 2007, aidera à planter les derniers clous dans le cercueil de la souveraineté française. Entré en vigueur le 1er décembre 2009, ce traité comporte une durée illimitée et transforme de manière cruciale le fonctionnement de l’Union européenne. De facto, le terme « Communauté » a été remplacé par celui d’« Union », un changement qui est loin d’être cosmétique puisque tous les accords internationaux conclus par les états membres devront être soumis à l’approbation de la toute puissante Commission européenne.

 

Une démocratie de façade

Les élus français qui se pavanent dans l’enceinte du Parlement européen ne sont que les tristes figurants d’une opérette mis en scène par la Commission européenne. Ils débattent en circuit fermé et votent des motions et autres colifichets qui sont sans conséquences face aux décisions prises par la Commission européenne. Cette dernière – composée de dirigeants ayant été cooptés (non-élus) et travaillant en étroite collaboration avec l’European Round Table (un méga lobby représentant les dirigeants des plus grandes multinationales européennes) – oeuvre principalement à émasculer la souveraineté des états membres.

La France – qui est aux prises avec un ralentissement économique, une pénurie d’emplois et un dumping économique et social sans précédent – n’arrive plus à voir la lumière au bout du tunnel. Bruxelles impose ses normes en matière d’ouverture des frontières (l’espace dit de Schengen), de contrôles sanitaires et de régulations dans le domaine de l’agroalimentaire. Tout cela sans oublier le fait que les autorités françaises ne peuvent plus battre monnaie et ne sont même plus en mesure d’adopter un budget national sans obtenir l’assentiment de Bruxelles.

Le Front National (FN) vient de faire élire une délégation de 24 députés qui useront leur pantalon sur les bancs d’école de ce Parlement européenne qui n’est qu’une chimère en définitive. N’ayant pas réussi à constituer un groupe parlementaire, les troupes de Marine Le Pen devront se contenter de leur simple cachet de figurants, en n’ayant pratiquement aucune influence sur les travaux parlementaires qui s’y dérouleront dans un proche avenir. La perfide Albion, par l’entremise des troupes de l’UKIP et de leur leader Nigel Farage, vient d’infliger un coup de Jarnac à cette douce France qui sombre dans l’amertume.

 

Rater le train

En effet, la France et l’Angleterre avait la possibilité historique de former un groupe parlementaire qui aura été en mesure de capter le feu des projecteurs médiatiques et d’obstruer de manière substantielle les délibérations de ce parlement de pacotille. Malheureusement, Nigel Farage a préféré tirer la couverture de son bord, refusant de s’allier avec la formation frontiste. Marine Le Pen a été flouée par un acteur qui, malgré tout, défend un agenda politique particulièrement eurosceptique et passablement nationaliste. Sur ces entrefaites, la City de Londres et certaines principautés d’argent (Luxembourg et consorts) continueront de faire la loi sur les marchés européens.

Alors que les troupes coalisées derrière Marine Le Pen viennent de rater le train de la formation d’un groupe parlementaire, voilà que l’entreprise Alstom vient presque de passer sous le giron de l’américaine General Electric (GE). Fleuron des industries françaises, Alstom détient une masse critique dans le domaine des turbines à vapeurs, des équipements qui sont essentiels à la bonne marche des centrales nucléaire d’EDF. La partie française conservant 50 % du capital de cette filiale, il n’en demeure pas moins que les capitaines d’industrie américains jouissent, désormais, d’un véritable pouvoir discrétionnaire sur le nucléaire civil, un secteur stratégique de prime importance pour la France.

Cédant aux pressions des lobbies financiers, l’état français n’a pas jugé bon de bloquer cette transaction. Les fonctionnaires de Bercy (Ministère de l’Économie et des Finances) n’auront réussi qu’à imposer une prise de participation au capital d’Alstom de l’ordre de 20 %, une mesure qui serait susceptible de permettre à l’état d’agir comme un arbitre en faisant en sorte d’éviter que GE ne prenne des décisions risquant de compromettre la souveraineté énergétique de la France. Toutefois, Bouygues, l’actuel propriétaire, n’entend pas céder ses actions à rabais. L’état français disposera d’une période de 20 mois pour racheter les actions convoitées au « prix fort » du marché et cette transaction devra être avalisée par l’actionnariat des deux multinationales.

 

La mise au pas de l’état

Curieusement, cette stratégie d’intervention de l’état (Alstom) s’apparente à une fuite en avant puisque les délais prescrits correspondent pratiquement à la fin du quinquennat de l’infortuné président. Après la mise au pas du Quai d’Orsay (Affaires étrangères), sous la conduite désastreuse de Bernard Kouchner, sous Sarkozy, et de Laurent Fabius, sous Hollande, voilà que Bercy est mis en quarantaine.

La France ne dispose plus de marge de manœuvre : ses élites politiciennes sont aux ordres des puissants lobbies atlantistes et se conforment aux desiderata de Bruxelles. Après avoir reçu le colonel Kadhafi en grande pompe à l’Élysée, en 2011, le président Sarkozy prendra les devant au sein du consortium atlantiste chargé de liquider l’homme fort de la Lybie.

La France et le Royaume-Uni – ayant été les exécutants des basses œuvres de l’Empire – ont dépêché leurs propres troupes d’élites et ont mis à contribution leurs services spéciaux pour fomenter, rien de moins, un coup d’état s’inscrivant en droite ligne avec l’agenda néoconservateur derrière la succession des révolutions dites « colorées ». Les services spéciaux français poursuivront leur œuvre en Syrie, toujours avec la bénédiction du Quai d’Orsay, en conseillant certaines factions extrémistes engagées dans des opérations de sédition et de déstabilisation contre les forces du président Bachar Al Assad.

Voilà qu’en l’espace de deux mandats présidentiels, la France aura pratiquement liquidé l’héritage gaulliste de son indépendance diplomatique. Maintenant, c’est au tour de Bercy de s’exécuter, alors que la caste au pouvoir laisse entrer le loup dans la bergerie des centrales nucléaires françaises. Tout cela après que la France eut cédé aux pressions américaines face aux investissements de Peugeot en Iran.

On se rappellera que le gouvernement de Hollande aura débuté son quinquennat en s’écrasant de manière magistrale face aux pressions de l’Oncle Sam qui interdisait tout commerce avec la « République des Mollah ». Pourtant, l’Iran représentait le premier marché pour la vente des véhicules particuliers de Peugeot et cette activité commerciale n’avait aucune portée en terme d’échanges de procédés militaires. On connaît la suite. Depuis lors, les américains viennent d’opérer un changement d’orientation stratégique avec l’Iran et on peut prévoir que leurs multinationales se rouleront les manches pour y conquérir de nouveaux marchés !

 

La France des régions mise en coupe

Il est de coutume d’affirmer que l’Allemagne a toujours su maintenir la vitalité de ses régions par le truchement de politiques industrielles et d’un soutien à l’agriculture qui faisaient grands cas d’un développement équilibré de la nation. Pourtant, les mêmes observateurs ont souvent tendance à oublier que la France, il n’y a pas si longtemps, jouissait, elle aussi, d’une politique de développement intégré. Certes, Paris centralisait l’essentiel des prérogatives régaliennes. Néanmoins, la France des régions parvenait à tirer son épingle du jeu grâce à son patrimoine remarquable et à l’ingéniosité de son peuple. Les régions de France étaient devenues le berceau du tourisme, du patrimoine agraire, de l’industrie lourde, des pêcheries et d’une foule d’activités ayant contribué à établir la réputation du génie français.

La révolte des Bonnets rouges est venu mettre en perspective la colère légitime des pêcheurs, des petits entrepreneurs en construction et des conducteurs de poids lourds de Bretagne, dans un contexte où certaines directives de l’Union européenne semblent avoir été mises sur pied afin de détruire, une fois pour toute, le tissus économique de la France.

Mobilisés contre l’écotaxe et les routes payantes, les artisans bretons ont pratiquement déclenché un « printemps breton », n’ayant aucun compte à rendre à ceux qui se sont chargés d’instrumentaliser les tristement célèbres « printemps arabes » et autres révolutions colorées. Bruxelles taxant, sans scrupule, les activités économiques du petit peuple de France, il fallait s’attendre à ce que la coupe finisse par déborder. Les grands médias aux ordres ont bel et bien tenté de taxer ce mouvement de « crypto-fasciste », mais rien n’y fit, les opérations de diffamation ayant manifestement échoué.

 

La France entrepreneuriale menacée de faillite

Dans un contexte où une immigration massive est en train de faire baisser les salaires et de générer un chômage de masse, les petits entrepreneurs et les agriculteurs français sont surtaxés et subissent le poids d’innombrables vexations administratives commandées par les élites corrompues en poste à Bruxelles. Les socialistes, aux ordres de Bruxelles, mettent de l’avant des mesures cosmétiques destinées à « dorer la pilule » à une opinion publique qui ne marche plus dans toutes ces combines. Il faut dire que l’Élysée et Matignon (siège du gouvernement) font tout en leur pouvoir pour satisfaire aux exigences des entreprises du CAC 40 – les grandes entreprises cotées en Bourse à Paris –, alors que les PME et PMI, sans oublier les artisans et autres travailleurs autonomes, passeront sous les fourches caudines des diktats de Bruxelles. Les petits employeurs sont spoliés par les charges sociales, les taxes et autres contraintes réglementaires, dans un contexte où près de 50 000 petites entreprises française ont fait faillite en 2013.

Il est de bon ton, sur plusieurs tribunes médiatiques, de fustiger la présumée fainéantise des travailleurs français. Mais, force nous est de reconnaître, quand on y regarde de plus près, que nos cousins d’outre-Atlantique souhaitent tout simplement conserver les acquis sociaux gagnés à l’époque du programme du Conseil national de la Résistance, au sortir de la deuxième guerre mondiale. Malgré les trop nombreuses trahisons orchestrées par un président François Mitterrand – déjà relativement aux ordres des forces impériales –, la France a su éviter les écueils du néolibéralisme sauvage britannique et est parvenue à préserver une part importante de son patrimoine industrielle et commerciale.

La France, même à l’époque des Rois catholiques, s’est toujours développée à partir du potentiel de ses régions et du génie créateur de ses habitants. Faisant mentir les lieux communs de la propagande atlantiste et néoconservatrice, la France a, de tout temps, rayonné grâce à ses innombrables savoir-faire bourgeonnant de tous bords, tous côtés.

C’est la France des pianos Pleyel et celle des fonderies du Creusot qui est menacée. Les activités sidérurgiques de la célèbre entreprise Schneider, sise au Creusot, ayant été finalement intégrées au groupe indien Arcelor Mittal, tout un bastion du génie français risque d’être anéanti sous le regard complice des élites socialistes et UMP. On a qu’à se rappeler le dossier sulfureux des hauts fourneaux à Florange, en Moselle, qui avaient été rachetés par la multinationale Arcelor Mittal et qui ont été liquidés sous l’œil impuissant des oligarques coalisés autour de François Hollande.

 

Paris, capitale des bobos

Cerise sur le gâteau, Paris, capitale et siège de la nomenklatura UMPS (les deux partis du pouvoir – l’UMP et le PS), a été dévastée par l’administration du pape des bobos, soit le Maire Bernard Delanoë, un édile socialiste particulièrement dépensier qui a copieusement endetté ses commettants.

Malgré une augmentation astronomique des taxes et autres ponctions, Delanoë a réussi à tripler la dette de la « ville lumière ». Il faut dire que plus de 10 milliards d’Euros ont été pompés à même les fonds publics afin d’alimenter la machine des communications et des opérations immobilières et urbaines sous le règne de Delanoë 1er ! Un maire excentrique qui a su multiplier les opérations d’aménagement urbain cosmétiques, dans un contexte où Paris avait grand besoin d’une réhabilitation en règle de plusieurs de ses infrastructures et autres équipements, sans oublier son parc d’espaces paysagers.

Paris, encore plus qu’à l’époque du comique Louis de Funès, se conforte dans son rôle de métropole néocoloniale complètement coupée de ses constituantes, soit les régions de France. À l’inverse des élucubrations de la gauche caviar décadente, les colonies françaises ne sont pas situées outre-mer… elles sont implantées aux quatre coins de la France, dans un contexte où le peuple du quotidien, les ouvriers, les petits patrons, une part importante des immigrants de deuxième et troisième génération, les authentiques créateurs et les artisans de tout acabit sont pris en otage par une caste de spoliateurs ayant établi ses pénates dans la métropole.

Il y a longtemps que les Édith Piaf de ce monde n’habitent plus sous les combles de Paris. Cette extraordinaire cité lacustre a été soulagée, depuis belle lurette, de toutes ses populaces. Désormais, une pléthore de parvenus, de promoteurs et d’investisseurs étrangers hante les lieux de celle qui fut, jadis, la capitale européenne de la culture et des droits de l’homme.

Comble de l’aberration, Paris, havre des profiteurs et autres bobos caractériels, est envahie, depuis peu, par des hordes d’immigrants clandestins qui s’y sentent chez eux, volant, intimidant et détruisant tout ce qui leur tombe sous la main. Un peu à l’instar des tristement célèbres « invasions barbares » qui ont dévasté la Rome impériale, il semble que la Ville lumière soit la proie d’une forme de liquidation en mode accéléré de son patrimoine et de tout ce qui constituait sa légendaire beauté. Il est minuit moins cinq.

La France n’a pas besoin d’un renouveau politique. La France a besoin d’une nouvelle révolution. D’une authentique révolution qui ne sera pas celle des prétendues « lumières », mais qui témoignera de la volonté de toutes ses constituantes de changer le cours des choses et, chemin faisant, de faire obstruction à la barbarie sans NOM des bureaucrates de Bruxelles. La France a besoin d’un nouveau général de Gaulle. Et, par voie de capillarité, la France a besoin du Québec et… vice versa !

 

 

 

 

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