L’égérie elfique est passée de l’autre côté du mur du son. Dolores O’Riordan, minuscule chanteuse des Cranberries, ne pratiquait pas la casuistique lorsqu’elle chantait le génocide perpétré par les forces de la Couronne britannique sur son Irlande natale. Les zombies des forces spéciales de la perfide Albion auront massacré à plusieurs reprises les enfants de la verte Éirinn, cette Irlande mythique d’où sont issus une part importante des Québécois. Pratiquant un folk-rock de combat, Dolores n’a jamais reniée son catholicisme afin d’embrasser une forme ou une autre de théologie de la libération. Elle ne faisait que témoigner de la dévastation de la très catholique Irlande par les Zombies :

 

« C’est la même vieille rengaine depuis dix-neuf cent seize

Dans ta tête, dans ta tête ils sont toujours en train d’attaquer,

Avec leurs tanks et leurs bombes,

Et leurs bombes et leurs mitraillettes

Dans ta tête, dans ta tête, ils sont en train de crever … »

 

Par Patrice-Hans Perrier

Pour Chantal

 

Dolores O'Riordan TOP PHOTO

Dolores O’Riordan l’égérie elfique vient de nous quitter pour des ailleurs meilleurs

 

Jamais les bardes ne se tairont

Comme nous, les Français d’Amérique, les Irlandais ont été la cible d’un véritable génocide organisé par les suprématistes britanniques qui n’ont jamais baissé la garde face aux forces insurrectionnels des bardes et des druides de la diaspora celtique. C’est durant la semaine pascale, en 1916, qu’une faction armée de Républicains irlandais tenta le tout pour le tout afin de briser l’étreinte du Royaume des loges noires. Organisée par la Confrérie des Républicains d’Irlande, la Rébellion de 1916 fut sauvagement écrasée par les troupes de Sa Majesté qui firent plus de trois milles prisonniers, dont près de deux milles furent incarcérés dans des camps de concentration en Grande-Bretagne. Il faudrait rappeler que les camps de concentration sont une invention toute britannique qui allait inspirer d’autres mouvements suprématistes qui n’ont jamais caché leur volonté de faire disparaitre les nations ou les peuples qui entravaient leurs desseins totalitaires.  Même l’artillerie lourde fut mise à contribution de bombarder les positions des patriotes irlandais qui s’étaient retranchés dans la Ville de Dublin. Écrasant la rébellion, les forces britanniques installeront un véritable régime d’Apartheid en Irlande, confinant durant plus d’un demi-siècle les Irlandais dans une position de chiens affamés.

 

La celtitude et le christianisme s’entrelacent gracieusement

Dolores la Passionaria des vertes landes criait son désarroi en virevoltant sur scène, aérienne et presque funambulesque, jamais abrutissante … entrelaçant – comme ces fameux entrelacs irlandais qui ornent les enluminures des manuscrits des premiers monastères d’Europe – dans ses chansons des thèmes aussi différents que le salut de l’âme, les vaste étendues ou la libération du peuple irlandais. Presqu’une athlète du Christ, pour paraphraser Saint Paul dans la première lettre aux Corinthiens.

Véritable mystique, Dolores O’Riordan implorait le Seigneur de « lui donner la chasteté, la sainteté, la présence d’esprit » en gambadant sur scène comme une biche que rien n’arrête. La scène du rock, mais tout autant les véritables chrétiens – pas les culs bénis – viennent de perdre une artiste d’une rare sensibilité et qui n’aura jamais renié ses racines celtiques, celles d’avant l’arrivée de Saint Colomban et des premiers missionnaires en Éirinn. Et, le Québec, terre de bardes légendaires, pleure amèrement cette petite fée clochette qui nous rappelait à travers ses chansons que la survie d’un peuple ne peut être séparée de celle de son âme. Cette âme qui représente la continuité entre l’ici-bas et l’au-delà, malgré les vicissitudes d’une existence souvent contrariée par les forces du mal.

 

Les forces du mal

Dolores O’Riordan luttait contre un tempérament bipolaire et une sensibilité à fleur de peau qui ne lui ont laissé aucun répit. On pense à notre Jean Leloup, obligé de médicamenter sa géniale folie, capable de transformer la contrainte en force créatrice et d’aider la chanson québécoise à sortir de la torpeur des années 2000. La druidesse du rock luttait aussi contre le mal enduré par son peuple depuis si longtemps, depuis la nuit des temps. Et, c’est le salut de l’âme qui permet de surmonter même les épreuves qui semblent les plus funestes. Il faut réécouter son tube SALVATION pour saisir à quel point Dolores savait de quoi elle chantait :

 « Vous tous qui vous tapez des lignes de coke, ne le faites pas, ne le faites pas.

Injectez de la liberté dans votre âme, c’est gratuit, c’est gratuit. »

 

La grâce rend libre

Jean Leloup, témoignant au sujet de sa bipolarité, insistait sur le fait que « la personne perd facilement le fil de ses idées et a de la difficulté en société, car elle est particulièrement distraite. Elle peut changer de sujet constamment et il est impossible d’avoir une conversation avec elle ». C’est justement cette instabilité qui semble avoir été un détonateur permettant à la chanteuse des Cranberries de pouvoir tisser une aussi grande complicité avec son public lors de ses prestations sur scène. Comme si son public lui permettait de pouvoir enfin concentrer son attention dans le cadre de performances qui pouvaient s’apparenter à de véritables transes cathartiques. D’ailleurs, c’est justement à travers la catharsis qu’il nous est possible de sortir de notre enveloppe charnelle pour, le temps d’une prière ou d’une fulgurance, être en mesure d’utiliser nos forces vitales afin d’échapper à la gravité … durant quelques instants de grâce.

Pleine de grâce, Dolores O’Riordan aura traversé la scène du rock comme une bête magnifique traquée par des forces maléfiques désarmées en bout de ligne. Elle nous laisse, seuls, avec notre conscience et nos désirs légitimes de libération.

 

 

 

 

 

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3 réflexions sur “Dolores O’Riordan nous a quitté pour le Royaume des Elfes

  1. En ce début Janvier 2018, le monde de la Pop-Rock et l’Irlande a perdu une de ses plus brillantes interprètes et représentante, je veux parler de Dolores O’Riordan, leader des Cranberries.
    Dès l’âge de cinq ans, Dolores O’Riordan, née dans le comté de Limerick, se met très jeune au piano et à l’orgue, pour apprendre plus tard la guitare. Le groupe «The Cranberries » se constitue en Irlande dans les années 90, que Dolores O’Riordan rejoint en mai 1990. Sa voix hors du commun achève de donner la couleur singulière de leurs compositions.
    C’est en mai 1990 que Dolores O’Riordan rejoint The Cranberries. Sa voix si particulière va donner au groupe irlandais ses lettres de rocker. Leur deuxième album (1994) les propulse véritablement sur la scène internationale, notamment les titres phares qu’elle a écrit « Ode to my family », « Just my imagination » et « Zombie ».
    Considéré comme l’un des meilleurs groupes Pop-Rock irlandais, après U2, leur influence a été considérable dans l’univers musical.
    Baigné de guitares saturées, son chant de Madone gaélique, alternant notes cristallines, celtics yodels et rugissements rauques, avait incarné, en 1994, la douleur et l’indignation suscitées par les victimes du conflit nord-irlandais, dans une chanson, « Zombie » devenue un tube planétaire, transformant au passage son groupe, The Cranberries, en l’une des formations pop rock les plus populaires des années 1990. Dolores O’Riordan, la chanteuse emblématique et engagée du groupe The Cranberries, est décédée subitement ce 15 janvier. La chanteuse, guitariste, auteure et compositrice irlandaise Dolores O’Riordan est morte lundi 15 janvier dans un hôtel de Londres.

    R.I.P Dolores O’Riordan,
    Tu resteras dans nos cœurs et notre mémoire!
    Elle a gagné sa place au panthéon du Rock !
    En ce qui concerne les déclarations controversées qui lui sont attribués, j’ai lu beaucoup de commentaires injurieux et caricaturaux sur Internet, c’est petit et méprisant.
    Elle n’est plus là pour se défendre.
    Dans ce monde d’inhumanité et d’égoïsme forcené, Dolores O’Riordan était la générosité même. Elle n’a jamais oublié d’où elle venait, ni sa famille.
    Sa reprise de « Go Your Own Way » en live des Fleetwood Mac est magistrale (Concert Live in Paris DE 1999 ), j’adore « Odinary Day » et
     » If I Can’t Be with You »«
    Traduction en français :
    « Je ne veux pas être célèbre,
    Je n’en veux pas si je ne peux pas être avec toi
    Tout semble insipide
    Tout ce que je vois ne se compare pas à toi
    Paris, pratiquement Vegas,
    Bien sûr que je resterais avec toi. »

    C’est vrai qu’elle se déplaçait et glissait avec aisance et toujours le sourire sur scène, tel un Lutin , voir le concert des Cranberries « Live in Paris 1999 » sur YouTube.
    La conseillère indépendante irlandaise Brigid Teefy qui est une amie de la famille a déclaré : « C’est incroyable. C’est un énorme choc pour tout le monde ici. Dolores était une femme si talentueuse. Elle était simplement Dolorès pour tout le monde ici. Elle n’a jamais eu de sécurité avec elle; elle était adorable.

    Patrick

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